Le mois passa très lentement : je pensais à lui constamment et malgré ses nombreux appels et textos il me manquait énormément. Demain c'était la rentrée des classes et je savais qu'à partir de maintenant nous ne pourrions nous voir que plus rarement et cela me rendait encore plus triste. Aurélie et moi étions dans la voiture et nous nous dirigeâmes vers un supermarché pour acheter nos fournitures scolaires, il était temps quand même mais les autres jours je n'avais pas la tête à ça.
Après nos achats nous allâmes au cinéma puis nous rentrâmes terminer notre soirée à la maison. Il était près de 23 heures lorsque nous décidâmes d'aller nous coucher.
-Clou ?
-Oui ?
-T'as peur ?
-De quoi ?
-Ben de la rentrée, de l'année qui arrive, des rencontres que tu vas faire etc.
-Non.
-Non ?
-Ben si évidemment je suis morte de trouille mais je sais que tu seras là et Bill aussi donc...
Un long silence s'installa, je fixais le plafond et me remémorais l'été que je venais de passer.
-Aurélie ? Il doit être rentré maintenant alors pourquoi il ne m'appelle pas ?
-Ben parce qu'il est plus de 23 heures, qu'avec le décalage horaire il doit être complètement capoute et puis il doit pas vouloir réveiller mes parents !
-Oui, t'as raison !!C'était quand même mieux quand ils étaient pas là !
Nous éclatâmes de rire : s'ils savaient ce qui c'était passé chez durant leur absence ! Nous nous endormîmes quelques temps après.
Biiiiiiiiip !!Bip bip !!!!!Je me réveillais en sursaut et tentais de mettre la main sur le réveil qui sonnait. Lorsqu'il fut enfin maîtrisé j'allais secouer Aurélie qui dormait toujours.
-Mmmmmm....Il est trop tôt Clou...
-Mais non !!!Il est 6h00 !!Allez debout !!
-Cries pas !!mmmmm...En plus tu vas réveiller mes parents !
-Racontes pas de bêtises, ils sont médecins j'te rappelle donc ils sont déjà à l'hôpital là !
-Rooo...oui ben atta 5 minutes que j'ouvres les yeux au moins ! Putain sa fait chier de reprendre les cours...
-Bon moi je vais prendre ma douche !
Une heure plus tard nous étions fin prête ; j'allais prendre mon sac lorsque quelqu'un sonna à la porte :
-Clou, vas-y, moi je cherche ma carte de métro !!
Je me dirigeais donc vers la porte et l'ouvris. C'était Bill ! Je me jetais dans ses bras et nous nous embrassâmes.
-J'ai pensé que je pouvais t'emmener au lycée pour ton premier jour !
Entre bisous et câlins nous nous dirigeâmes vers la voiture. Nom d'un chien ! J'allais en limousine au lycée et pour mon premier jour en plus ! Durant tout le voyage Aurélie resta à part. Je crois qu'elle encaissait mal le fait que Bill était là pour moi et que Tom soit resté à l'hôtel pour dormir. Leur tournée c'était bien passé malgré qu'elle fut épuisant ; cela s'entendait et ce voyait aussi : Bill n'arrêtait pas de bailler !!
Arrivés à proximité du lycée, le chauffeur nous prévint et Aurélie lui demanda de s'arrêter. Bill, étonné, lui en demanda la raison, ce à quoi elle répondit :
-Désolé mais je n'ai pas envie d'être harcelée et détestée par les nombreuses fans qui peuplent ce lycée. Alors Clou tu fais ce que u veux, mais moi je descends là.
Sur ce elle ouvrit la porte, sortit et la claqua de toutes ses forces. J'embrassais Bill et sortis à mon tour. Aurélie m'attendait un peu plus loin. Une fois près d'elle, je refermais ma main sur son bras et la forçais à me regarder ; elle pleurait.
-Pourquoi Bill était là ? Pourquoi il était là avec toi ?
-...
-Et Tom ? Il était où ?
-Bill a dit qu'i...
-Qu'il était à l'hôtel ! Oui je sais ! Mais pourquoi il était pas avec moi ?
-Je sais pas ma chérie...Je sais qu'une seule chose...
-mmmmhh ? Quoi ?
-On va être en retard...
Elle regarda sa montre et ses yeux s'agrandirent de stupeur. Il était déjà 8h08 et la répartition des classes commençait à 8h10. En gros on avait intérêt à se dépêcher parce que pour atteindre le point de ralliement il fallait traverser tout le lycée. Aurélie me prit par la main et ensemble, nous courûmes comme des dératées jusqu'à la deuxième cour, de l'autre côté du lycée. Le rire après les larmes ! On avait bien faillit tomber à de nombreuses reprises mais nous avions battu un record !
Il était 8h11 quand nous arrivions dans la cour. Il y avait beaucoup de monde et je n'étais pas rassurée. Quelques profs arrivèrent et l'ensemble des élèves se tus. Après un petit discours ils commencèrent l'appel. Aurélie fut appelée dans la première classe : la terminale 1. Au plus profond de moi j'espérais être dans cette même classe. Les noms défilaient les uns après les autres. Finalement je ne serai pas dans la classe de ma meilleure amie. Enfin c'est ce que je croyais !! Un autre prof vint donner un papier à celui qui faisait l'appel et annonça mon nom. Lorsque je passais à côté de lui il me dit :
-Bienvenue en Allemagne mademoiselle.
Avec de nombreux efforts je réussis à lui murmurer un vague « merci » et me dirigeais vivement vers Aurélie. Le reste de la journée se passa merveilleusement bien : ma meilleure amie me présenta à tous ses amis mais aucun d'eux ne valaient ce que j'avais laissé en France...Le soir, à la sortie, Une belle surprise attendait Aurélie : Tom, camouflé de la tête au pieds, était appuyé contre le grand portail du lycée. Quand elle le reconnut elle lui sauta dans les bras et ce que j'avais ressentit le matin même, elle le ressentait à ce moment là. Ce fut à mon tour d'être surprise lorsque, montant en première dans la limousine, j'y découvrais l'amour de ma vie. Je me précipitais dans la voiture laissant les deux autres tourtereaux s'y installer. Après une séance bécotage, nous discutâmes du programme du week-end prochain. Je mourrais d'envie de le passer avec eux mais du vendredi après-midi au samedi matin ils étaient en studio et le samedi après-midi ils étaient en répète car le soir ils avaient une fois de plus une émission TV. Il ne nous restait donc plus que le dimanche pour être ensemble. C'était déjà ça mais à mon goût ce n'était pas assez !!! Arrivés devant chez Aurélie, nous descendîmes et devant la porte, elle se retourna et se dirigea en courant vers la voiture. Je n'entendais pas ce qu'elle disait mais, quelques instants après Bill et Tom descendirent à leur tour de la limousine. Aurélie passa près de moi, toute souriante, et me fit un clin d'½il. J'allais lui dire ce que j'en pensais mais elle se mit à chanter aussi fort qu'elle le pus pour m'empêcher de dire quoi que ce soit. Derrière moi j'entendais les jumeaux éclater de rire et sentis des mains passer autour de ma taille. Bill murmura à mon oreille, tandis que Tom suivait sa chérie dans la maison :
-Ca te dérange qu'on reste ?
-Non, c'est pas ça, bien au contraire...
-Mais ?
-Mais c'est pas raisonnable !! On a école demain et je ne suis pas sûre que les parents d'Aurélie soient d'accord que leur fille fasse des galipettes la nuit alors qu'elle devrait gentiment reprendre un rythme scolaire normal.
Bill plongea son regard dans le mien et éclata de rire. Une fois calmé, il m'embrassa et entra dans la maison, me laissant seule dans l'entrée. Il réapparut dans l'encadrement de la porte et me dit :
-Tu sais mon c½ur, les allemands font la fête tout le temps et même s'ils ne vivent ici que depuis 2 ans, les parents d'Aurélie ne sont pas exclus de cette règle.
-Cette règle ? Quelle règle ?
-Celle de s'amuser le plus souvent possible mon amour...
Bille s'en alla à nouveau, me laissant perplexe. Je me décidais quand même à les rejoindre en prenant soin de refermer la porte à clé derrière moi. Les jumeaux et mon amie étaient, comme à leur habitude, affalés dans le canapé. Je me positionnait derrière Bill et passa mes mains autour de son coup. Il releva la tête vers moi et, des yeux, me montra le plafond. Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire et lui répondis en haussant les épaules et en levant les yeux au ciel. Il se leva alors et se dirigea vers les escaliers. Je le suivais donc. Il n'alla pas dans ma chambre mais dans la salle de bain. J'hésitais à le rejoindre mais, torse nu, il apparut dans l'encadrement de la porte. Sur un ton sérieusement coquin il me demanda :
-Tu comptes coucher dans le couloir où tu veux absolument que je vienne te chercher ?
J'allais donc le rejoindre mais je me tairais sur ce qui s'y est passé ! Deux heures plus tard nous retournâmes dans le salon où, Aurélie s'était endormie sur Tom, qui dormait également ! Nous nous installâmes dans un fauteuil et regardâmes une émission de télé réalité. C'était complètement débile mais ça nous fit bien rire ! Nos fous rires eurent raison du sommeil des deux tourtereaux, qui se réveillèrent avec un air sacrément grognon. Avant qu'ils ai pu dire quoi que se soit, la porte s'ouvrit violemment et nous entendîmes des éclats de voix : les parents de mon amie se disputaient.
-Je t'avais bien dis de ne pas faire ça !!! T'as vu où ça a réussit à nous mener ?
-Arrête de crier comme ça s'il te plait Elisabeth !
-NON !!! J'en ai marre de toujours...
Elisabeth, la mère d'Aurélie, était chirurgienne et venait de fêter son 38 ème anniversaire. Elle s'arrêta net de parler quand elle nous vit : moi, assise sur les genoux de Bill et sa fille allongée sur Tom dans le canapé. Les jumeaux se regardèrent une fraction de seconde et, baissant les yeux, rougirent de la tête aux pieds. Les parents de mon amie nous fusillaient du regard. Je ne m'étais que très rarement sentie aussi mal allaise qu'au moment présent. Aurélie se leva, tom en fit de même. Elle saisit la main du dreadeux et se dirigea vers sa mère. La voix tremblante et le regard plongé dans le sien, elle s'exprima difficilement :
-Maman, Papa, je ...vous présente Tom, Tom Kaulitz.
L'air plus que sévère sa mère avança d'un pas et serra la main de Tom. Ce dernier bafouilla encore plus que sa petite amie :
-Ma...madame c'est un ho-honneur pour m-moi de vous rencontrer.
Il avait les joues en aussi rouges que les tomates que nous avions mangés le midi au self ! Je riais bien dans mon for intérieur, mais pour rien au monde je n'aurais échangé ma place contre la sienne !!Le visage d'Elisabeth se détendit et elle sourit à Tom.
-Tu vois jeune homme, c'est la première fois que j'entends parler de toi dans cette maison. Et j'en suis bien étonnée d'ailleurs.
En disant cela, elle avait le regard braqué sur Aurélie qui, du coup, ne savait plus où se mettre. Thierry, son père, prit enfin la parole :
-Ca fait longtemps que vous êtes ensemble ?
-Thierry ! Ca ne se pose pas ce genre de questions ! Non mais enfin, c'est leurs affaires pas les notres !
-Mais tu disais...
-Mais ? Je n'ai rien dis.
En se dirigeant vers la cuisine elle nous fit un clin d'½il à Bill et moi. Nous étions les seuls à l'avoir vu étant donné qu'elle avait le dos tourné aux autres. Thierry poussa un énorme soupir, ce qui déclancha le fou rire de Tom. Il ne pouvait plus s'arrêter et Elisabeth sortit même de la cuisine pour voir ce qu'il se passait. Il mit pas mal de temps à ce calmer et quand il eut enfin reprit son souffle, il s'adressa à celui qui appellera peut-être plus tard « beau-papa ».
-Maintenant je sais d'où Aurélie tient son incroyable talent pour soupirer !
Et le fou rire repartit pour tout le monde. Enfin presque...les deux seuls à ne pas rire étaient Aurélie et son père. La première paraissait plus que vexée et le second n'avait pas l'air de comprendre grand-chose à la situation.
Les garçons restèrent pour manger puis repartirent en nous promettant de venir nous chercher le lendemain au lycée. Une fois dans mon lit, je ne mis que très peu de temps à m'endormir : j'avais le c½ur léger.